"Nous pouvons nous demander maintenant d'où vient chaque fois le désir qui se réalise dans le rêve. Mais d'abord à quel contraste ou à quelle diversité appliquons-nous cette question d'origine ? Je pense : au contraste entre la vie diurne devenue consciente et une activité psychique inconsciente qui ne se manifeste que pendant la nuit. De ce point de vue, l'origine du désir pourrait revêtir les trois aspects suivants:

1° le désir peut avoir été suscité pendant le jour et n'avoir pu se satisfaire par suite de circonstanes extérieures; il reste alors pour la nuit un désir reconnu et qui n'a pas été accompli;
2° le désir peut avoir surgi pendant le jour, mais avoir été rejeté; il nous reste alors un désir non accompli, mais réprimé;
3° le désir peut être sans relations avec la vie du jour et appartenir à cette catégorie de désirs toujours réprimés qui ne s'agitent en nous que la nuit.
2° le désir peut avoir surgi pendant le jour, mais avoir été rejeté; il nous reste alors un désir non accompli, mais réprimé;
3° le désir peut être sans relations avec la vie du jour et appartenir à cette catégorie de désirs toujours réprimés qui ne s'agitent en nous que la nuit. Si nous reprenons notre schéma de l'appareil psychique, nous localiserons un désir de la première espèce dans le système préconscient; pour le désir de la deuxième espèce, nous admettons qu'il a été refoulé du système préconscient dans l'inconscient et que, s'il est conservé quelque part, ce ne peut être que là; et quand au désir de la troisième espèce nous croyons qu'il ne peut en aucun cas dépasser le système inconscient."
Sigmund Freud (1900), L'interprétation des rêves, ch. 7, III, in "L'accomplissement de désirs", trad. fr. PUF, 1926. and The Mode J. Galliano's Fashion, 2010.

En outre, les jambes douloureuses commencèrent elles aussi à "parler" pendant nos séances d'analyse. Expliquons nous cet étrange état des choses: en général, au moment où nous commencions notre travail, la malade ne souffrait pas; lorsque par mes questions ou en appuyant sur sa tête, j'éveillais quelque souvenir, une sensation douloureuse se produisait. Elle était même généralement si intense que la malade se contractait et portait la main à l'endroit douloureux. Cette souffrance ainsi réveillée persistait tant que la patiente était la proie du souvenir; elle atteignait son point culminant à l'instant où elle allait révéler des faits essentiels et décisifs, pour disparaître avec les derniers mots de son récit. J'appris peu à peu à me servir de l'éveil de cette douleur comme d'une boussole. Lorsqu'il lui arrivait de se taire sans que la douleur eut cessé, je savais qu'elle n'avait pas encore tout dit et j'insistais pour qu'elle continua cette confession jusqu'au moment où celle-ci avait supprimé la douleur. C'est alors seulement que j'éveillais un nouveau souvenir." 
