"Nous comprenons maintenant combien il importe peu de savoir dans quelle mesure grande ou petite, avec quel degré de fidélité ou d'incertitude on se souvient d'un rêve. C'est que le rêve dont on se souvient ne constitue pas ce que nous cherchons à proprement parler, qu'il n'en est qu'une substitution déformée qui doit nous permettre, à l'aide d'autres formations substitutives que nous faisons surgir, de nous rapprocher de l'essence même du rêve, de rendre l'inconscient conscient (grâce aux associations libres qui viendront à l'esprit ) ...
On comprends que le travail d'interprétation s'accomplit à l'encontre d'une certaine résistance qui s'y oppose et qui trouve son expression dans les objections critiques dont nous parlons. On constate que ces objections critiques ne sont jamais justifiées. Au contraire, les idées qu'on voudrait ainsi refouler, se révèlent toujours et sans exception comme étant les plus importantes et les plus décisives au point de vue de la découverte de l'inconscient."
On comprends que le travail d'interprétation s'accomplit à l'encontre d'une certaine résistance qui s'y oppose et qui trouve son expression dans les objections critiques dont nous parlons. On constate que ces objections critiques ne sont jamais justifiées. Au contraire, les idées qu'on voudrait ainsi refouler, se révèlent toujours et sans exception comme étant les plus importantes et les plus décisives au point de vue de la découverte de l'inconscient." Sigmund Freud (1917-1918) Introduction à la psychanalyse. "Contenu manifeste et idées latentes du rêve". and Pierre Bonnard (1867-1947), In the bathroom
Nous pouvons nous demander maintenant d'où vient chaque fois, le désir qui se réalise dans le rêve ? ... Mais d'abord à quel contraste ou à quelle diversité appliquons-nous cette question d'origine ? Je pense : au contraste entre la vie diurne devenue consciente et une activité psychique inconsciente qui ne se manifeste que pendant la nuit.
Ce qu'il décrit à propos du lien à l'objet primaire vaut aussi dans la relation au père et doit être mis en lien avec la question du meurtre du père dans le mythe de la horde primitive: dans ce mythe aussi, le père ne "survit" pas ou mal.
L'attente anxieuse n'est certainement pas indifférente quand à l'issue de la maladie; il importerait de savoir avec certitude si elle intervient autant qu'on le dit dans le déclenchement de la maladie, s'il est vrai par exemple qu'au cours d'une épidémie les plus menacés sont ceux qui redoutent d'être atteints. L'état opposé, l'attente croyante et pleine d'espérance, est une force agissante avec laquelle nous devons compter, en toute rigueur, dans toutes nos tentatives de traitement et de guérison. On ne pourrait expliquer, sinon, les particularités des effets observables des médicaments et des interventions thérapeutiques ... Les médecins ont de tout temps pratiqué le traitement psychique et jadis encore bien plus qu'aujourd'hui. Si par traitement psychique, on entend la tentative d'éveiller chez le malade des états et des conditions psychiques propres à favoriser sa guérison, alors ce type de traitement médical est historiquement le plus ancien ... A présent nous commençons également à comprendre la magie du "mot". Les mots sont bien les instruments les plus importants qu'une personne cherche à exercer sur une autre."
C'est pourquoi derrière le foisonnement déconcertant des règles de parenté, des totems ou des mythes, derrière l'apparent tohu-bohu des échanges économiques et des créations artistiques, il s'est consacré à découvrir, plus qu'une partition unique et isolée, certaines des structures qui les engendrent, indépendamment de la volonté des acteurs et de leurs conscience .... Cette démarche s'attacha d'abord à la parenté. Claude Levi-Strauss abandonna leur face visible pour en dégager les "Structures Elémentaires". Elle se focalisa ensuite sur le totem, dont il éclaira l'enigme. Elle se fixa longuement sur la mythologie dont quatre volumes monumentaux de 1946 à 1971, scrutèrent les transformations et le fonctionnement propre, indépendant des décisions individuelles, des langues, des peuples, voire des lieux et des temps. Ce souci des structures, des combinatoires, des codes de transformation, le rapproche des mathématiciens. Il le rattache aussi à la lignée des philosophes de Platon à Kant, qui ont reconnu la place centrale des processus formels. Enfin là se trouve le coeur de l'oeuvre et ce qu'elle a, à sa manière, de vertigineux. Car dans l'analyse de ces milliers de mythes qui "se pensent entre eux", se répondent sans se connaître, se combinent sans que personne ne l'ait décidé, on voit se dessiner des procédures mentales universelles." 
